Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Salamandre sombre du Nord

Desmognathus fuscus fuscus
Northern dusky salamander

Fiche descriptive


Rang S : S3
Rang G : G5
Statut au Québec : susceptible d'être désignée espèce menacée ou vulnérable

La salamandre sombre du Nord (Desmognathus fuscus) est un amphibien qui fait partie de la famille des Pléthodontidés, c'est-à-dire qu’elle est dépourvue de poumons. Elle respire donc par la peau et le palais. Son corps est trapu et sa tête a la forme d’un triangle. Tout comme la salamandre sombre des montagnes, une ligne pâle relie son œil et le coin de sa gueule et ses pattes arrière sont nettement plus grosses que les pattes avant. Son corps est brun parsemé de mouchetures noires, particulièrement à la marge du dos et des flancs. Les mouchetures deviennent blanches ou grises dans le bas des flancs. La salamandre sombre du Nord peut atteindre 14 cm de longueur.

La salamandre sombre du Nord est présente dans toutes les régions montagneuses de l’est de l’Amérique du Nord. Au Canada, l’aire de répartition de l’espèce se limite presque exclusivement au Québec, plus particulièrement dans les piedmonts et les contreforts des Appalaches et des Adirondacks ainsi que sur certaines collines montérégiennes où elle peut être observée dans des sources et de petits ruisseaux traversant des forêts, des friches ou des pâturages. C’est en 1987 que la salamandre sombre du nord a été observée pour la première fois dans la région de la Capitale-Nationale, plus spécifiquement aux abords de la rivière Montmorency. Un inventaire réalisé en 2002 a révélé la présence de l’espèce à plusieurs endroits répartis entre Saint-Alban (MRC de Portneuf) à l’ouest et Cap-Tourmente (MRC de La Côte-de-Beaupré) à l’est. C’est dans le cadre de cet inventaire que l’espèce a été observée pour une première fois sur l’île d’Orléans. La salamandre sombre du Nord est également présente au Nouveau-Brunswick, mais sa répartition est limitée au sud de la province. En Ontario, elle a été observée en un seul endroit, près des chutes Niagara.

La salamandre sombre du Nord est intiment associée aux cours d’eau intermittents, particulièrement les ruisseaux forestiers. Elle vit près des zones de suintement et de résurgences, sur des sols vaseux et couverts de mousse, ou sur les rives rocheuses de certaines rivières. Les adultes se nourrissent d’insectes, de vers, d’araignées et d’escargots. Puisqu’elles vivent dans l’eau, les larves se nourrissent d’insectes aquatiques. L’accouplement a lieu au printemps et à l’automne, sur terre près du ruisseau où vivent les adultes pendant l’année. La femelle pond ses œufs, près de l’eau ou dans un sol saturé d’eau, entre la mi-juin et la fin d’août. Elle reste avec ses œufs jusqu’à l’éclosion qui a lieu jusqu’à 89 jours plus tard. Les larves passent leur premier hiver dans l’eau et se métamorphosent l’été suivant. Le domaine vital de la salamandre sombre du Nord est très petit, de l’ordre de 0,1 à 3,6 m2. Cette espèce se déplace peu en hiver, mais elle reste quand même active sur le fond des ruisseaux ou sous la terre là où l’eau ne gèle pas. La salamandre sombre du Nord est la proie de poissons, d’autres salamandres, de certaines couleuvres, d’oiseaux et de mammifères tels que le raton laveur et la mouffette rayée. Elle utilise la fuite, l’autoamputation de la queue ou les morsures pour se défendre contre ses prédateurs.

L’exploitation des eaux souterraines et la modification du régime hydrique provoquent l’assèchement des eaux de surface et affectent la salamandre sombre du Nord qui doit maintenir sa peau humide en permanence. Les perturbations d’habitat engendrées par les interventions forestières, par l’aménagement d’infrastructures le long des rives de cours d’eau de même que par la pollution représentent des menaces à la survie de cette espèce. D’autres facteurs tels les barrages hydroélectriques et les activités récréatives impliquant l’utilisation de véhicules tout-terrain ont également un impact sur cette espèce de salamandre.

La salamandre sombre du Nord fait l'objet d'un suivi au Québec. Des informations sont disponibles auprès de l’Atlas des amphibiens et des reptiles du Québec (AARQ) et du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Un plan d’intervention sur les salamandres de ruisseaux du Québec a été produit en 2003. Les actions qui y sont proposées touchent quatre espèces, dont la salamandre sombre du Nord. Ces actions portent, entre autres, sur la protection des habitats et des populations, sur les inventaires et le suivi des populations ainsi que sur la sensibilisation, l’information et l’éducation des différents types d’intervenants (public, forestiers, agriculteurs, villégiateurs, etc.). Un bilan des actions menées par l’équipe de rétablissement des salamandres de ruisseaux du Québec a été publié en 2006. Parmi les actions réalisées, notons l’acquisition de terrains privés par Conservation de la nature Canada afin d’augmenter les superficies d’habitats protégées. Aussi, différents travaux de recherche ont été effectués, dont ceux portant sur la détermination des variables environnementales qui limitent l’abondance de la salamandre sombre du Nord. Par ailleurs, des inventaires ont été effectués le long de ruisseaux situés à plusieurs endroits dont le massif des monts Sutton, le bassin versant de la rivière aux Saumons au nord du mont Orford, les monts Saint-Hilaire et Rougemont, la région du mont Stoke, et le mont Brome. En 2008, un document portant sur les mesures de protection en forêt publique a été publié pour trois salamandres de ruisseaux, dont la salamandre sombre du Nord. Il s’agit de mesures de protection particulières qui doivent être intégrées dans les activités forestières afin de bien protéger l’habitat terrestre qui borde les cours d’eau auxquels sont étroitement associées les salamandres de ruisseaux.

Documentation complémentaire :

Bilan des actions de l’Équipe de rétablissement des salamandres de ruisseaux du Québec. (Format PDF, 581 Ko).

Bonin, J. 1999. Status Report on the Northern Dusky Salamander Desmognathus fuscus in Canada. Report submitted to the Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. 20 p.

Desroches, J.-F. et D. Rodrigue. 2004. Amphibiens et reptiles du Québec et des Maritimes. Éditions Michel Quintin, Waterloo, Québec. 288 pages.

Plan d’intervention sur les salamandres de ruisseaux du Québec [la salamandre sombre des montagnes, (Desmognathus ochrophaeus), la salamandre sombre du Nord (Desmognathus fuscus), la salamandre pourpre (Gyrinophilus porphyriticus) et la salamandre à deux lignes (Eurycea bislineata)] (Format PDF, 1,12 Mo).

Plan de conservation des salamandres de ruisseaux au mont Covey Hill, Montérégie. Conservation de la nature Canada et Équipe de rétablissement des salamandres de ruisseaux du Québec. 57 pages (Format PDF, 6,67 Mo).

Pouliot, D, J.-F. Desroches et D. Banville. 2007. Inventaire herpétologique de la région de la Capitale-Nationale en 2002. Le naturaliste canadien, 131 (1) : 34-40.

Protection des espèces menacées ou vulnérables en forêt publique – Les salamandres de ruisseaux : la salamandre pourpre (Gyrinophilus porphyriticus), la salamandre sombre des montagnes (Desmognathus ochrophaeus) et la salamandre sombre du Nord (Desmognathus fuscus) (Format PDF, 1,06 Mo).

Salamandre sombre du Nord
 

 

Aire de répartition

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Carte du Québec
Québec


Carte de l'Amérique du Nord
Amérique du Nord

 


Dernière modification : août 2009
 

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