Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Pic à tête rouge

Melanerpes erythrocephalus
Red-headed woodpecker

Fiche descriptive


Rang S : S1
Rang G : G5
Statut au Québec : menacé, octobre 2009

Le pic à tête rouge (Melanerpes erythrocephalus) est un oiseau légèrement plus petit que le merle d'Amérique (Turdus migratorius); il mesure environ 20 cm de long et pèse autour de 72 g. Le mâle et la femelle sont semblables et sont tous deux très colorés : le ventre est blanc crème, la tête est complètement rouge et les ailes sont noires, avec un grand triangle blanc au centre. Les juvéniles se distinguent des adultes par la couleur de leur tête, de leur cou et du haut de leur poitrine, qui varie de brun grisâtre à rouge cramoisi.

Le pic à tête rouge n’est présent qu’en Amérique du Nord. Aux États-Unis, son aire de répartition est concentrée essentiellement dans les États du centre-ouest. Moins de 1 % de la population mondiale de pic à tête rouge se trouve au Canada; l’espèce est présente en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario et au Québec. À l’occasion, on l’observe dans l’ouest du pays et dans les maritimes. La population canadienne est estimée à entre 700 et 5 000 couples (soit à entre 1 400 et 10 000 individus matures). La population est considérée en déclin. La présence de l’espèce est rare et irrégulière au Québec. Elle niche maintenant occasionnellement dans les régions bordant la vallée du sud du Saint-Laurent (Outaouais, Montréal, Montérégie et Cantons de l’Est). Depuis le début des années 1990, des confirmations de nidification ont été rapportées à moins de dix endroits différents. En 2005, le nombre de couples nicheurs était estimé à moins de cinq. Le pic à tête rouge fréquentait 29 sites de 1960 à 1996 au Québec, mais seulement sept entre 1997 et 2004. Il n’est maintenant qu’un nicheur sporadique dans la province. L'espèce passe l'hiver aux États-Unis, bien qu'exceptionnellement elle peut demeurer au Québec. Les observations hivernales sont probablement des individus visitant des aires d’alimentation situées en milieux urbains et agricoles.

L’espèce fréquente les forêts caducifoliées claires et, en particulier, celles qui sont dominées par les chênes (Quercus sp.) et les hêtres (Fagus sp.). L’espèce fréquente aussi d’autres types de milieux comme les plaines inondables, les prairies, les parcs urbains, les brûlis et le bord des rivières et des routes. Les aires ouvertes où elle se reproduit contiennent en général une grande densité d’arbres morts et dispersés procurant un emplacement potentiel pour le nid ou un perchoir. Le nid est une cavité creusée dans un arbre mort ou dans une souche, dans un pieu de clôture ou un poteau. Le pic à tête rouge est monogame. La femelle pond entre trois et sept œufs et les deux membres du couple participent à la couvaison et au nourrissage des jeunes. Le pic à tête rouge est probablement l’espèce la plus omnivore parmi les pics en Amérique du Nord. Il capture des insectes en vol (coléoptères, papillons, cigales, criquets, abeilles, etc.) et se nourrit de glands et de faines en hiver. À l’occasion, il se nourrit aussi de petits rongeurs, de vers et d’œufs d’oiseaux.

Ce pic était une espèce nicheuse régulière dans la région de Montréal au début du XXe siècle. La compétition avec l'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) pour l'obtention des cavités de nidification serait l’une des causes de sa raréfaction. À ces dernières s’ajoutent la perte d'habitats causée par le déclin d’arbres morts et la disparition des bosquets d'arbres en raison, notamment, de l’intensification de l’agriculture.

En octobre 2009, le pic à tête rouge a été désigné « espèce menacée » en vertu de la Loi sur les espèces menacées et vulnérables du Québec. De plus, en 2007, le pic à tête rouge a été désigné « espèce menacée » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Le pic à tête rouge est protégé en vertu de la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs, laquelle interdit d’avoir en sa possession un individu ou son nid, ainsi que par la Loi fédérale sur les espèces en péril. La présence du pic à tête rouge fait actuellement l'objet d'un suivi au Québec. Des observations sont disponibles au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ).

Documentation complémentaire :

COSEPAC. 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic à tête rouge (Melanerpes erythrocephalus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 33 pages.

DAVID, N. 2002. Pic à tête rouge, QuébecOiseaux, Vol. 114, Hors série 2002, p. 58-60.

LEMIEUX, S. 1995. Pic à tête rouge, p. 642-643 dans GAUTHIER, J. et Y. AUBRY (sous la direction de). Les oiseaux nicheurs du Québec : Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional. Association québécoise des groupes d'ornithologues, Société québécoise de protection des oiseaux, Service canadien de la faune, Environnement Canada, région du Québec, Montréal. 1 295 pages.

PAGE, A. M. 1996. Status Report on the red-headed woodpecker Melanerpes erythrocephalus in Canada. Report submitted to the Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. 50 pages.

Pic à tête rouge
 

 

Aire de répartition

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Carte du Québec
Québec


Carte de l'Amérique du Nord
Amérique du Nord

 


Dernière modification : août 2010
 

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