Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Râle jaune

Coturnicops noveboracensis
Yellow rail

Fiche descriptive


Rang S : S2
Rang G : G4
Statut au Québec : menacé, octobre 2009

Le râle jaune est un tout petit oiseau de marais d'une soixantaine de grammes qui ressemble à une caille. Son plumage est chamois, avec quelques barres noires et blanches. Il se distingue en vol par une tache blanche sur l'aile. Comme chez tous les râles, le corps est comprimé latéralement et les longs doigts permettent à l’oiseau de se déplacer facilement dans la végétation aquatique.

Le râle jaune se reproduit presque exclusivement au Canada et dans le nord des États-Unis. L'aire de répartition au Québec représente environ le quart de l’aire de répartition mondiale de l'espèce. Il niche par endroits dans la portion sud du Québec, principalement le long du fleuve Saint-Laurent, jusqu'en Gaspésie, et le long de la rivière Saguenay. On note également des mentions estivales en Abitibi-Témiscamingue. Très peu de nids ont toutefois été découverts jusqu'à présent. En 2002, un inventaire a été réalisé dans les principaux marais de la baie de Rupert et de la baie Boatswain, situées au sud-est de la baie James. Après avoir parcouru près de 75 km de transects, un total de 205 râles jaunes ont été dénombrés, la presque totalité de ceux-ci étant des mâles chanteurs entendus durant la nuit. L'île aux Grues, en aval de Québec, est un site important de nidification, en plus d'être un site d'alimentation et de rassemblement pour la mue. La presque totalité des mentions durant la période migratoire provient des basses-terres du Saint-Laurent. En hiver, l'espèce se trouve seulement aux États-Unis, dans les États côtiers de l'est jusqu'au Mexique.

En période de nidification, le râle jaune habite de préférence la partie supérieure des marais d'eau douce et d'eau saumâtre de grande étendue, où la végétation est dense et courte. Les marais à carex dense ou autres plantes basses sont les milieux qu'il affectionne plus particulièrement. Cet oiseau est parmi les plus rares et les plus méconnus au Québec en raison de son comportement discret et furtif et du type d'habitat qu'il fréquente. En effet, au lieu de s'envoler à l'approche d'un humain, le râle jaune reste sur place, caché dans la végétation. De plus, les mâles vocalisent beaucoup plus la nuit que le jour; les femelles, quant à elles, ne chantent pas. La femelle pond entre sept et dix œufs et elle assume seule l’incubation. Elle ne produit qu’une couvée par année, mais peut en produire une autre si la première ne survit pas. Le mâle ne participe pas au soin des jeunes et n’est plus associé à la femelle une fois l’incubation amorcée.

La principale menace à la survie du râle jaune est la perte des habitats humides par endiguement et leur assèchement par drainage ou remblayage. Au moins 50 % de l’habitat du râle jaune a disparu des rives du Saint-Laurent au cours du 20siècle. Il existe également de grandes pressions pour les habitats utilisés par l’espèce dans les aires d'hivernage qui sont très restreintes.

En octobre 2009, le râle jaune a été désigné espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées et vulnérables. De plus, en novembre 2009, le râle jaune a été désigné « espèce préoccupante » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Le râle jaune est protégé en vertu de la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs, laquelle interdit d’avoir en sa possession un individu ou son nid, ainsi que par la Loi fédérale sur les espèces en péril. Un plan de gestion national est en cours d’élaboration par Environnement Canada. Ce plan visera à assurer le maintien d'une population nicheuse de râles jaunes viable partout au pays. Au Québec, la présence du râle jaune fait actuellement l'objet d'un suivi. Des observations sont disponibles au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ).

Documentation complémentaire :

COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Râle jaune (Coturnicops noveboracensis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 69 pages.

ROBERT, M. 1995. Râle jaune, p. 438-441 dans GAUTHIER, J. et Y. AUBRY (sous la direction de). Les oiseaux nicheurs du Québec : Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional. Association québécoise des groupes d'ornithologues, Société québécoise de protection des oiseaux, Service canadien de la faune, Environnement Canada, région du Québec, Montréal. 1 295 pages.

ROBERT, M., B. JOBIN, F. SHAFFER, L. ROBILLARD et B. GAGNON. 2004. Yellow Rail distribution and numbers in Southern James Bay, Québec, Canada. Waterbirds 27: 282-288.

ROBERT, M., P. LAPORTE et F. SHAFFER. 1995. Plan d'action pour le rétablissement du râle jaune (Coturnicops noveboracensis) au Québec. Service canadien de la faune. 38 pages.

ROBILLARD, L., M. ROBERT, B. JOBIN, F. SHAFFER et B. GAGNON. 2005. Les marais du sud-est de la baie James : un véritable havre pour le Râle jaune (Coturnicops noveboracensis). Le Naturaliste canadien 129 : 26-29.

Râle jaune
 

 

Aire de répartition

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Carte du Québec
Québec


Carte de l'Amérique du Nord
Amérique du Nord

 


Dernière modification : août 2010
 

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