Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Chevalier cuivré

Moxostoma hubbsi
Copper redhorse

Fiche descriptive


Rang S : S1
Rang G : G1
Statut au Québec : menacé, avril 1999

Le chevalier cuivré est un poisson de la famille des Catostomidés. Son nom provient de ses grandes écailles rappelant l’armure des chevaliers et de sa coloration cuivrée. Celle-ci varie de cuivré lustré à olive sur la face dorsale de son corps, sur sa tête et sur la partie supérieure de ses flancs. Le chevalier cuivré possède une bouche ventrale entourées de lèvres charnues marquées de sillons, et d’un appareil pharyngien pourvu de dents disposées en forme de couronne autour de l’ouverture de l’œsophage. Son dos fortement arqué à l’arrière de sa tête lui donne une apparence bossue. Les spécimens adultes peuvent atteindre 70 cm de longueur et peser jusqu'à 5,5 kg.

La découverte de ce poisson a été attribuée à Vianney Legendre en 1942, mais ce serait Pierre-Étienne Fortin qui l’aurait décrit pour la première fois en 1866 sous le nom d’une espèce déjà connue du genre Moxostoma. Le chevalier cuivré est une espèce rare et endémique au Canada dont la répartition mondiale se limite au sud-ouest du territoire québécois. Plus spécifiquement, on retrouve le chevalier cuivré dans le fleuve Saint-Laurent, entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-Pierre, et dans les rivières Richelieu, des Mille-Îles et des Prairies, ainsi que dans les portions situées en aval des rivières Saint-François et L’Acadie. Sa présence est maintenant incertaine et même peu probable dans les rivières Yamaska et Noire. On connaît seulement deux sites de reproduction à la seule population de chevaliers cuivrés. Ces deux frayères sont situées sur la rivière Richelieu, l’une dans les rapides de l’archipel de Chambly et l’autre en aval du barrage de Saint-Ours. La rivière Richelieu est également l’unique cours d’eau où l’on observe des larves de chevalier cuivré. Les herbiers littoraux ont été identifiés comme jouant un rôle déterminant pour l’alevinage (croissance, alimentation et abris) et constituent également un habitat important pour les juvéniles et les adultes. Dans le fleuve Saint-Laurent, un groupement de chevaliers cuivrés, dont les scientifiques avaient perdu la trace depuis 1973, a été retrouvé 25 ans plus tard entre Montréal et Sorel grâce à la collaboration d'un pêcheur commercial.

La maturité sexuelle du chevalier cuivré est atteinte vers 10 ans. Ce poisson a une grande fécondité – jusqu'à 112 000 œufs pour une femelle de 5,3 kg – et une grande longévité, pouvant vivre plus de 30 ans. Le chevalier cuivré est doté d'un appareil pharyngien spécialisé, muni de dents robustes et peu nombreuses, efficaces pour le broyage des mollusques qui constituent presque exclusivement sa nourriture. Il fréquente particulièrement les herbiers aquatiques submergés, autant dans ses jeunes stades de vie que dans sa vie d’adulte, afin de s’alimenter des mollusques qui y sont associés. Ces milieux constituent donc un élément essentiel à la survie du chevalier cuivré dont l’aire de répartition est soumise à une multitude d’activités anthropiques.

Des fouilles archéologiques réalisées sur les rives de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent de même que les récentes données obtenues suggèrent que l’abondance actuelle du chevalier cuivré est faible et que la tendance de la population est à la baisse. Il ne fait aucun doute que les activités d’origine anthropique mettent en péril le chevalier cuivré. Les menaces connues et présumées pesant sur l’espèce sont majoritairement liées à la dégradation de l’habitat (érosion et augmentation de la turbidité résultant des activités agricoles), au déboisement, à l’urbanisation, à la contamination de l’eau par des polluants qui perturbent la reproduction, ainsi qu’à l’eutrophisation des cours d’eau. D’autres menaces ont aussi été identifiées comme les barrages qui fragmentent l’habitat et créent des obstacles à la migration, la baisse des niveaux d’eau, les espèces exotiques envahissantes et la fréquentation des rapides de Chambly, la principale frayère du chevalier cuivré, par les plaisanciers. À cette liste s’ajoutent également les captures accidentelles effectuées par les pêcheurs amateurs ou les pêcheurs commerciaux. Quelques caractéristiques de la biologie du chevalier cuivré dont l’atteinte de la maturité sexuelle à un âge avancé, son régime alimentaire spécialisé et ses activités tardives de fraye, constituent également des facteurs qui accroissent sa vulnérabilité.

La présence du chevalier cuivré fait actuellement l'objet d'un suivi au Québec. Des observations sont disponibles au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Un rapport sur la situation publié en 1995 résume l'information qui était connue à l’époque sur l'espèce. Depuis, quatre plans de rétablissement (1995, 1999, 2004 et 2012) ont été élaborés et mis en œuvre. Ces plans regroupent les stratégies retenues pour atteindre le but et les objectifs de rétablissement du chevalier cuivré ainsi qu’un plan d’action contenant les mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs. Le dernier plan de rétablissement publié en juin 2012 a été produit conjointement par l’Équipe de rétablissement du chevalier cuivré et Pêches et Océans Canada (MPO). Le but du plan consiste essentiellement à améliorer la situation de l’espèce afin d’en arrêter le processus d’extinction et d’accroître l’abondance du chevalier cuivré.

Le chevalier cuivré est la première espèce faunique à avoir été désignée comme étant menacée par le gouvernement du Québec en 1999. À ce jour, de nombreuses actions ont été entreprises afin de rétablir le chevalier cuivré, mais également pour augmenter le niveau de connaissance sur sa biologie et conscientiser la population à sa survie : le suivi du recrutement des jeunes chevaliers de l’année de la rivière Richelieu depuis 1998; la création d’un refuge faunique en 2002 (Pierre-Étienne-Fortin) pour protéger la plus importante frayère de chevalier cuivré sur la rivière Richelieu (rapides de l’archipel de Chambly); la construction de la passe migratoire Vianney-Legendre en 2001 pour permettre le libre accès à la seconde frayère sur la rivière Richelieu; la mise en œuvre du plan de reproduction artificielle en 2004. Par ailleurs, l’organisme Conservation de la nature Canada a acquis, en 2006, l’île de Jeannotte (Saint-Marc-sur-le-Richelieu) afin de conserver les herbiers aquatiques qui l’entourent et qui sont essentiels à la survie des jeunes chevaliers cuivrés. Rappelons aussi que, depuis les années 1980, les chevaliers sont interdits comme poissons-appâts alors que la pêche commerciale au chevalier cuivré est interdite depuis 1995. En 1998, il était interdit de pêcher sportivement et de conserver tous les chevaliers et meuniers dans les rivières Richelieu, Yamaska et Noire. En 2009, le règlement a été modifié et couvre maintenant l’ensemble de l’aire de répartition connue de l’espèce.

Documentation complémentaire :

COMITÉ D'INTERVENTION. 1999. Plan d'intervention pour la survie du chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) 1999-2003. Société de la faune et des parcs du Québec, Direction de la faune et des habitats. 60 pages.

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 42 pages.

Guide et clé d'identification des juvéniles de chevaliers (genre Moxostoma) du Québec. (Format PDF, 711 Ko)

LA HAYE, M. et M. HUOT. 1995. Situation du suceur cuivré (Moxostoma hubbsi) au Québec espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable. Québec, Le Groupe de Recherche SEEEQ ltée pour le ministère de l'Environnement et de la Faune, Direction de la faune et des habitats. 50 pages.

Situation du suceur cuivré (Moxostoma hubbsi) au Québec : espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable. (Format PDF, 2,7Mo)

Plan de rétablissement du chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) au Québec 2004-2008. (Format PDF, 1,1 Mo)

Plan de rétablissement du chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) au Québec 2012-2017. (Format PDF, 487 Ko)

Chevalier cuivré
 

 

Aire de répartition

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Carte du Québec
Québec


Carte de l'Amérique du Nord
Amérique du Nord

 


Dernière modification : juillet 2012
 

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