Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Lamproie du Nord

Ichthyomyzon fossor
Northern brook lamprey

Fiche descriptive


Rang S : S2S3
Rang G : G4
Statut au Québec : menacée, octobre 2009

La lamproie du Nord est un petit poisson d’eau douce de la famille des Pétromyzontidés. Ce poisson, qui n’est pas un parasite, a la peau lisse et n’a pas d’écailles. Le dos et les flancs des adultes sont gris foncé à bruns, alors que le ventre est gris pâle ou blanc argenté. La tête est courte, dépourvue de mâchoires chez l'adulte et se termine par une bouche en forme d'entonnoir. Elle se distingue des autres lamproies par sa nageoire dorsale unique et ses dents peu développées. Sa longueur totale ne dépasse pas habituellement 16 cm à l’âge adulte.

La lamproie du Nord est présente exclusivement en Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce se trouve dans le bassin hydrographique des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, en Ontario et au Québec, de même que dans le bassin de la rivière Winnipeg, au Manitoba. Au Québec, sa répartition très restreinte se limite au fleuve Saint-Laurent et à une dizaine de rivières situées dans le Québec méridional. L’espèce a récemment été observée dans les rivières aux Outardes Est en 2002 et Saint-François en 2003. Elle semble vraisemblablement disparue de la rivière Yamaska où elle a été observée en grand nombre entre 1946 et 1950 près de St-Césaire.

La lamproie du Nord habite généralement les ruisseaux et les rivières à fond graveleux ou sablonneux et, au Québec, dans certaines sections du fleuve Saint-Laurent. Elle semble éviter les eaux stagnantes et les lacs, et on ne la trouve qu’en eau douce car elle ne tolère aucunement la salinité. Les adultes favorisent les petits cours d’eau aux eaux vives et claires dont le substrat est constitué de gravier et de sable. Les ammocètes (nom donné aux larves des lamproies), pour leur part, préfèrent la portion des cours d’eau à courant plus lent, là où le substrat meuble est propice à l’enfouissement, ce qui correspond idéalement à du sable mi-fin. Lors de la reproduction, qui a lieu au printemps, les adultes sélectionnent les sections de rivières ou de ruisseaux caractérisées par des substrats de gros graviers, de galets et de sable. Les mâles amorcent la nidification. Ils entreprennent la construction de nids en déplaçant de petites pierres et du gravier avec leur bouche, ce qui crée une petite dépression. Ces nids discrets sont situés dans les espaces entre les grandes pierres. Les œufs éclosent après deux à quatre semaines. Après l’éclosion, les ammocètes émergent de leur nid et migrent passivement vers l’aval du cours d’eau où elles creuseront un trou en forme de U dans un substrat meuble. Le stade larvaire de la lamproie du Nord persiste de trois à six ans. La durée de la vie larvaire dépendra de l’emplacement et de l’accès à la nourriture. Les larves se nourrissent, par filtration, de détritus organiques, d’algues, de protozoaires, de bactéries et de pollen. Par la suite, l'ammocète subira une métamorphose; la bouche se transforme en un entonnoir pourvu de dents et le développement des organes reproducteurs débute. Les adultes de la lamproie du Nord ne se nourrissent pas puisqu’ils ne possèdent pas de tube digestif. Les adultes ne vivent que de quatre à six mois avant de se reproduire et de mourir.

La détérioration de l’habitat constitue probablement la principale pression sur l’espèce. La pollution de l’eau liée aux mauvaises pratiques agricoles pourrait être la cause de la disparition apparente de l’espèce dans la rivière Yamaska, à la hauteur de Saint-Césaire. L’accumulation de sédiments sur les aires de fraie, les obstacles bloquant la remontée des adultes reproducteurs et la baisse des niveaux d’eau pouvant affecter la survie des larves représentent également des menaces pour l’espèce au Québec.

La présence de la lamproie du Nord fait l'objet d'un suivi au Québec. Des observations sont disponibles au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Un rapport sur la situation a été publié en 2005. Le statut d’espèce « préoccupante » a été accordé à la lamproie du Nord en 1991 par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada) et a été reconfirmé en 2007, à la suite d’une seconde évaluation. L’acquisition de connaissances sur la répartition, l’abondance et les tendances des populations de la lamproie du Nord au Québec demeure primordiale. L’espèce n’a jamais fait l’objet d’une étude approfondie et les informations disponibles sur cette espèce sont fragmentaires. Des vérifications s’imposent dans les cours d’eau où l’espèce a déjà été observée afin de vérifier sa présence.

Documentation complémentaire :

COSEPAC 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la lamproie du Nord (Ichthyomyzon fossor) (populations des Grands Lacs – du haut Saint-Laurent et population de la Saskatchewan – Nelson) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Vi + 34 pages.

FORTIN, C., M. OUELLET, I. CARTIER, D. BANVILLE et C. B. RENAUD. 2007. Biologie et situation de la Lamproie du Nord, Ichthyomyzon fossor, au Québec. Canadian Field-Naturalist 121(4) : 402-411.

FORTIN, C., I. CARTIER et M. OUELLET. 2005. Rapport sur la situation de la lamproie du nord (Ichthyomyzon fossor) au Québec. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Direction du développement de la faune. 23 pages. (Format PDF, 122 Ko)

RENAUD, B. C., K. L. E. KAISER et M. E. COMBA. 1995. Historical versus recent levels of organochlorine contaminants in lamprey larvae of the St. Lawrence River basin, Québec. Can J. Fish. Aquat. Sci. 52 : 268-275.

SCOTT, W. B. et E. J. CROSSMAN. 1974. Poissons d'eau douce du Canada. Ministère de l'Environnement, Service des pêches et des sciences de la mer. Bulletin 184. 1 026 p.

Lamproie du Nord
 

 

Aire de répartition

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Carte du Québec
Québec


Carte de l'Amérique du Nord
Amérique du Nord

 


Dernière modification : août 2010
 

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