Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Grive de Bicknell

Catharus bicknelli
Bicknell’s thrush

Fiche descriptive


Rang S : S3
Rang G : G4
Statut au Québec : vulnérable, octobre 2009

La grive de Bicknell (Catharus bicknelli) est un oiseau de la même famille que le merle d’Amérique (Turdus migratorius). Autrefois reconnue comme une sous-espèce de la grive à joues grises (Catharus minimus), des études récentes en génétique ont démontré que les deux oiseaux appartenaient à des espèces distinctes. La grive de Bicknell se distingue de la grive à joues grises par les caractéristiques morphologiques suivantes : taille plus petite, ailes moins longues, dos et queue d’une teinte brune en opposition à olive. De plus, son chant augmente en intensité ou demeure constant à la toute fin.

Aux États-Unis, on l’observe dans les États suivants : Vermont, Maine, New Hampshire et New York (Adirondacks). Au Canada, la grive de Bicknell ne se rencontre qu’au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Au Québec, la répartition de la grive de Bicknell est limitée à un petit nombre d’endroits; au sud du Saint-Laurent, on la retrouve principalement dans les Appalaches (Estrie, Bellechasse, Bas-Saint-Laurent et Gaspésie), sur la rive nord, l’espèce est principalement observée en bordure du Bouclier canadien (réserve faunique des Laurentides, Charlevoix et région des monts Vallin). À l’automne, l’espèce quitte le Québec pour ses aires d’hivernage situées dans les Grandes Antilles.

Elle recherche un type d’habitat bien particulier : les peuplements denses de conifères des régions montagneuses et les peuplements denses en régénération d’au moins deux mètres de hauteur et situés à plus de 600 m d’altitude, où généralement le sapin est la principale essence forestière. Les forêts subalpines recherchées par cette espèce sont caractérisées par un climat humide, frais et venteux où le brouillard est souvent présent. Bien qu’elle occupe aujourd’hui ses habitats traditionnels, elle est également présente à plus basse altitude, dans les forêts denses dominées par le sapin faisant l’objet d’exploitation forestière. Contrairement à la majorité des passereaux, les mâles ne défendent pas de territoire; ils possèdent des domaines vitaux pouvant se superposer. On observe même un comportement social inhabituel : plusieurs mâles peuvent partager la paternité génétique d’une même couvée. De plus, plusieurs mâles peuvent visiter et nourrir les oisillons de plus d’un nid à la fois. Le nid est placé, souvent pas très haut, dans un conifère ou plus rarement, dans un feuillu. La femelle n’a, en général, qu’une couvée et pond de trois à quatre œufs bleu verdâtre légèrement marqués de petites taches brunes.

La menace la plus importante pour cette espèce est sans contredit la perte et les modifications de ses habitats. Tout l’est du Canada est soumis à des opérations forestières à grande échelle. L’exploitation forestière intensive dans son habitat au Québec et dans les Maritimes est particulièrement préoccupante. Bien que l’espèce soit signalée dans des secteurs en régénération après des coupes à blanc, la valeur de cet habitat est probablement diminuée lors d’interventions sylvicoles altérant la structure et la densité des peuplements. La perte d’habitats de nidification, les infestations de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, les précipitations acides, l’aménagement de stations de ski et de parcs éoliens, la construction de tours de communications et de pylônes hertziens et les perturbations au nid, en particulier celles qui sont causées par les humains, constituent d’autres menaces pour l’espèce et son habitat. La prédation pourrait être un facteur responsable d’importantes pertes au nid. Finalement, dans les sites d’hivernage, le déboisement lié à l’agriculture de subsistance, la production de charbon de bois et la transformation de la canne à sucre sont responsables de la modification et de la perte d’importantes superficies de son habitat.

L’espèce a été désignée « vulnérable » au Québec, en octobre 2009, en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, ceci en raison de la petite taille de la population, de sa répartition fragmentée, de son faible potentiel reproducteur et des diverses pressions exercées sur son habitat. L’espèce est protégée en vertu de la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs laquelle interdit la chasse, la possession ou la vente d’oiseaux migrateurs, de leurs œufs et de leurs nids. Un rapport sur la situation de la grive de Bicknell a été publié par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), en 1999; l’espèce a été désignée « préoccupante ». En novembre 2009, le COSEPAC a réexaminé le statut de cette espèce; l'espèce a été désignée « menacée ». La présence de la grive de Bicknell fait l'objet d'un suivi au Québec. Des observations sont disponibles au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ).

Documentation complémentaire :

AUBRY, Y. 2002. Grive de Bicknell, QuébecOiseaux, Vol. 114, Hors série 2002, p. 61-63.

OUELLET, H. 1995. Grive de Bicknell, p. 784-787 dans GAUTHIER, J. et Y. AUBRY (sous la direction de). Les oiseaux nicheurs du Québec : Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional. Association québécoise des groupes d'ornithologues, Société québécoise de protection des oiseaux, Service canadien de la faune, Environnement Canada, région du Québec, Montréal. 1 295 pages.

COSEPAC. 1999. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Grive de Bicknell (Catharus bicknelli) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 48 pages.

Grive de Bicknell
 

 

Aire de répartition

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Carte du Québec
Québec


Carte de l'Amérique du Nord
Amérique du Nord

 


Dernière modification : août 2010
 

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