Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

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Animaux importuns - dommages causés par la faune

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Dindon sauvage
Meleagris gallopavo silvestris

Dindon sauvage

Le dindon sauvage est le plus gros représentant de la famille des faisans et des perdrix. Les femelles sont brunes et grises, alors que les mâles affichent des couleurs plus voyantes avec des reflets métalliques. Les mâles se distinguent par la présence d’une « barbe » sur la poitrine, qui est en réalité une touffe de filaments kératinisés et raides. Les mâles ont une taille moyenne de 100 à 125 cm et les femelles mesurent de 76 à 95 cm. Leur poids varie entre 7,7 et 9,5 kg pour les mâles et de 3,6 à 5 kg pour les femelles.

Après avoir presque disparu du nord des États-Unis au début du 20e siècle en raison d’une chasse trop intensive, de même qu’en raison de la modification ou de la destruction de son habitat, le dindon sauvage a été réintroduit avec succès dans son aire de répartition originale. Il a fait son apparition dans le sud du Québec au milieu des années 1970, en provenance des populations établies dans les États de New York et du Vermont puis, subséquemment, de celles de l’Ontario. L’espèce, qui connaît aujourd’hui une bonne croissance dans le sud et l’ouest du Québec, bénéficie d’une progression nordique de son aire de répartition.

Dommages et indices
 
Dommages
Indices

Déprédation effectuée sur les productions agricoles entreposées mais accessibles

L’hiver, lorsque la neige couvre le sol et restreint l’accès à la nourriture, les dindons peuvent s’agglomérer près des productions agricoles et causer les inconvénients suivants :
1) Couper les cordes des balles de paille entreposées à l’extérieur et dans des bâtiments ouverts et fouiller dans la paille;
2) Perforer le plastique avec leurs griffes et manger un peu du contenu des ballots de foin semi-sec emballés dans du plastique blanc, laissant le reste du ballot se détériorer par des moisissures;
3) Consommer l’ensilage de maïs dans les silos horizontaux ouverts (principalement les grains de maïs).

 

Présence de dindons près des productions agricoles, balles de paille abîmées, plastique entourant les ballots de foin déchiré, excréments dans l’ensilage entreposé dans les silos horizontaux.

Nuisance publique

Dans certains États américains, les dindons sauvages s’aventurent à proximité des habitations et peuvent à l’occasion s’attaquer au reflet de leur image sur la peinture des véhicules.

Présence d’excréments autour des habitations et peinture endommagée sur les voitures.

Dommages dans les champs agricoles, vignobles et les vergers

Les dindons sauvages peuvent se nourrir dans les champs de maïs, de soya et de céréales, mais les dommages sont habituellement très réduits. Des dommages causés par des dindons sauvages ont été observés dans quelques vergers, vignobles et champs de cucurbitacées du sud-ouest de Montréal et de Brome-Missisquoi, mais ceux-ci n’ont jamais été quantifiés par rapport aux autres espèces présentes.

Présence de dindons, de pistes ou d’excréments dans les champs, les vergers et les vignobles.

Rôle bénéfique

La présence grandissante des dindons sauvages dans plusieurs régions du Québec est généralement très appréciée par la population, plus particulièrement chez les observateurs d’oiseaux, les amants de la nature et les chasseurs.

Depuis 2008, le dindon sauvage fait l’objet d’une chasse printanière. Tant la pratique de la chasse que les activités d’intérêt faunique sans prélèvement génèrent une activité économique importante.

Par ailleurs, les dindons sauvages se nourrissent d’insectes et de plantes nuisibles dans les champs agricoles.

Particularités

Lorsqu’un couvert de neige limite l’accessibilité à la nourriture naturelle du dindon sauvage, l’oiseau est contraint à un territoire restreint, à proximité de son dortoir. Ainsi, la survie des individus dans les régions où les hivers peuvent être rigoureux, comme c’est le cas au Québec, dépend des sources de nourriture hivernale et de leur disponibilité en période de neige abondante, ce qui inclut les apports en provenance de l’agriculture.

Étant donné que les dindons peuvent facilement être observés durant le jour dans les champs agricoles (comportement diurne), ils peuvent ainsi être injustement blâmés pour certains dommages constatés dans les champs. À cet effet, plusieurs études américaines ont démontré une différence marquée entre les dommages perçus par les agriculteurs et les dommages réels attribués aux dindons dans les champs agricoles. Dans la plupart des cas, les dommages étaient surtout dus à des espèces aux comportements nocturnes comme le cerf de Virginie et le raton laveur, qui se nourrissent la nuit. Aucune étude de ce genre n’a été menée au Québec.

Près des zones habitées, les dindons sauvages peuvent également se nourrir de graines tombées sur le sol à proximité de mangeoires d’oiseaux, et ce, à la vue des citoyens durant le jour.

Quoi faire?

MISE EN GARDE

Toute intervention effectuée à l’égard des animaux importuns doit être guidée par un souci premier de mise en valeur et de conservation des ressources. Les méthodes visant à éliminer les individus indésirables devraient toujours être considérées dans la perspective des récoltes légales, que ce soit par la chasse ou le piégeage selon les différentes espèces, de même qu’en fonction de l’usage à une fin quelconque du spécimen (fourrure, consommation, etc.).

Méthodes préventives

Dommages dans les champs agricoles et les vergers

Tel qu’on le mentionne plus haut, les dommages associés aux dindons sauvages en agriculture sont parfois surestimés. D’autres espèces déprédatrices causent habituellement des dommages beaucoup plus importants. Afin de minimiser des conflits, le Ministère recommande aux agriculteurs de réduire l’accessibilité des sources alimentaires potentielles au dindon sauvage avant l’arrivée de l’hiver.

Exclusion

Les petites balles de paille devraient être entreposées dans des hangars fermés et non pas ouverts, tandis que les grosses balles de paille et de foin semi-sec devraient être regroupées près des bâtiments de ferme. À la limite, les grosses balles peuvent être clôturées, ce qui les rendra aussi inaccessibles aux cerfs de Virginie.

Dans les cas d’ensilage de maïs dans des silos horizontaux ouverts, il est conseillé d’installer des clôtures temporaires ou permanentes du côté boisé à la limite des silos. Il est aussi fortement conseillé de rabaisser la toile de protection du dessus du silo, et ce, après chaque usage. On peut aussi recouvrir de neige la face avant de l’ensilage.

Dans certains cas, des agriculteurs québécois ont recouvert de neige l’ensilage et les balles de foin, éliminant ainsi certains inconvénients.

Répulsifs sonores et visuels

Compte tenu des dommages réduits causés par les dindons, il est peu fréquent que l’utilisation de répulsifs sonores et visuels soit nécessaire. Comme pour les autres oiseaux, l'utilisation de ces appareils ne donne aucun résultat si ce n’est que sur une base temporaire. Si on utilise cette méthode, on doit le faire de façon continue et varier son utilisation.

Nuisance publique

La meilleure option pour réduire la présence de dindons est de minimiser les sources de nourriture. À proximité des habitations, il peut être utile d’enlever la nourriture tombée des mangeoires d’oiseaux afin d’éviter de les attirer. On peut aussi installer un grillage à 10 cm de la surface du sol pour empêcher les dindons d’atteindre les graines tombées au sol. Si nécessaire, on peut également enlever les mangeoires. Des bandes à aiguillons peuvent être installées sur les perchoirs qu’ils utilisent. Il est recommandé de recouvrir temporairement les objets réfléchissants durant la période de reproduction au printemps si ceux-ci sont la cible d’attaques de dindons.

Exclusion

Comme les dindons se déplacent plus souvent en marchant qu’en volant, l’installation de clôtures autour des habitations est une mesure efficace.

Répulsifs sonores et visuels

Les dindons sont habituellement effrayés par la lumière et les sons soudains. Comme pour les autres oiseaux, la meilleure option est de les effrayer avant qu’ils ne prennent l’habitude de fréquenter un terrain privé. Certaines personnes utilisent le jet d’eau d’un boyau d’arrosage pour les effaroucher.
Méthodes de contrôle

L ’abattage ou la relocalisation des dindons ne sont pas des solutions adéquates pour réduire les inconvénients causés par certains individus puisque la mise en valeur par la chasse est privilégiée. Quoique peu documentées au Québec, les situations problématiques surviennent surtout à l’automne et au cours de l’hiver. Seules les méthodes préventives peuvent offrir une solution durable parce qu’elles s’attaquent à la source du problème, soit la disponibilité de la nourriture.

Prélèvement au moyen d'une arme à feu, d’une arbalète ou d’un arc

La chasse au dindon sauvage est réglementée au Québec et permise durant la saison printanière. Un permis de chasse est obligatoire au Québec pour la chasse au dindon, de même qu’une attestation qui confirme que son détenteur a suivi et réussi le cours sur la chasse au dindon sauvage. La limite de prise est d’un seul dindon « à barbe » par permis, c’est-à-dire un mâle (moins de 10 % des femelles ont une barbe).

Pour en savoir plus

Étude de caractérisation de l’habitat du dindon sauvage de l’Est (Meleagris gallopavo silvestris) dans le sud de l’Outaouais
(Format PDF, 5,86 Mo)

 

 

Dernière modification : 2011-05-02





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