Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

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Animaux importuns - dommages causés par la faune

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Fiches individuelles d'animaux importuns

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Coyote
Canis latrans

Coyote

Le coyote a un pelage gris jaunâtre. Ses pattes antérieures, son museau et le revers de ses oreilles sont de couleur fauve. À la course le coyote porte la queue plutôt basse.
Longueur totale : 1140 à 1410 mm.
Hauteur à l’épaule : 580 à 600 mm.
Le coyote, le loup et les chiens peuvent s’accoupler entre eux.

Dommages et indices

Il peut être très difficile de discerner quelle est l'espèce responsable des dommages et cela demande de bonnes connaissances. On doit se fier à plusieurs facteurs tels que les pistes, la localisation, le type de morsure, l'historique de cas, la région géographique, les cris, etc.

Le coyote peut s'attaquer autant aux jeunes animaux qu'à ceux qui sont vieux, malades ou en parfaite santé. Au Québec, les dommages causés par le coyote sont beaucoup plus importants que ceux causés par le loup.

 
Dommages
Indices
 

Prédation sur les agneaux, moutons, petits veaux

Morsure à la tête ou à la base du cou. La proie est habituellement consommée sur place et traînée sur quelque distance.

 

 

Le coyote est aussi charognard; l'absence ou la rareté de sang autour de la victime indique que la proie était déjà morte (présence d'asticots).

Indices à ne pas confondre


Chiens : la victime est généralement beaucoup plus meurtrie.

Le chien a plus tendance à s'attaquer aux flancs.

Le loup s'attaque généralement aux flancs ou à l'arrière-train.

Rôle bénéfique

 
Le coyote aide à contrôler la marmotte et le campagnol, des espèces qui peuvent également causer des dommages. Le coyote fait l'objet d'une exploitation pour sa fourrure.
 

Particularités


Le coyote est un canidé opportuniste, extrêmement adaptable et plutôt prolifique. La femelle atteint sa maturité sexuelle très tôt, souvent avant son premier anniversaire et a des portées nombreuses (de 1 à 8 petits, moyenne de 5 à 6). Il semble que la fécondité du coyote soit, entres autres, proportionnelle à l'abondance de nourriture. C’est un animal intelligent et persévérant qui sait extrêmement bien tirer parti des opportunités quasi illimitées que lui procurent les régions développées. Malgré toutes sortes de moyens mis en œuvre pour le contrer, il prospère.

L'élimination du loup (un important prédateur du coyote) au sud du fleuve Saint-Laurent, dans les Maritimes et en Nouvelle-Angleterre aurait permis au coyote de proliférer dans ces régions. Le coyote s'est remarquablement adapté pour coloniser différents habitats et modifier son alimentation en fonction des disponibilités locales. Sa nourriture comprend à peu près de tout : insectes, rongeurs, petits carnivores, charogne, baies, amphibiens, reptiles, animaux domestiques, volaille et petit bétail. Il semble que la période critique associée aux comportements nuisibles  soit vers le mois d'août, alors que la femelle apprend aux petits à chasser. La superficie du domaine vital du coyote est fonction de plusieurs facteurs dont la région climatique et l'organisation sociale, cette dernière étant tributaire de la nourriture du coyote. En effet, lorsque les proies sont grosses, le coyote a tendance à former des groupes sociaux et son territoire occupe une plus grande superficie. Au contraire, lorsque la nourriture est composée surtout de petits rongeurs, le coyote a plus tendance à être solitaire ou à se grouper en paires, et son domaine vital est plus petit.

Les groupes familiaux se partagent l’espace en domaines définis, alors qu'il existe plusieurs solitaires plus ou moins sédentaires occupant de vastes espaces libres. Une famille posséderait ainsi un domaine vital de 40 à 50 km2, alors que les déplacements des solitaires seraient beaucoup plus grands (jusqu'à 300 km2), en particulier lors de leur dispersion.

Quoi faire?

MISE EN GARDE

Toute intervention effectuée à l'endroit des animaux importuns doit être guidée par un souci premier de mise en valeur et de conservation des ressources. Les méthodes visant à éliminer les individus indésirables devraient toujours être considérées de prime abord dans la perspective des récoltes légales, que ce soit par la chasse ou le piégeage (selon les différentes espèces), de même qu'en fonction de l'usage à une fin quelconque du spécimen (peaux, consommation, etc.).

Méthodes préventives

Piégeage

Le piégeage préventif effectué en saison légale, pendant l'automne, est un bon moyen de contrôle. L'aménagement forestier et l'agencement des habitats en bordure des champs et des enclos d'élevage devraient faire partie du processus de gestion intégrée. Ainsi, la construction d'enclos, le rétrécissement des sentiers, et l'installation de systèmes d'ancrage en vue du colletage à la passe sont des exemples pouvant favoriser une capture rapide des animaux déprédateurs. Il est fortement conseillé de piéger aussi sur les territoires limitrophes à la propriété afin de minimiser la relocalisation des individus.

Selon certaines études, ce ne sont pas tous les coyotes ayant accès aux animaux de ferme qui causent leur mortalité. En fait, il s'agirait de certains individus dominants (alpha) seulement. Malgré qu'il soit difficile d'établir avec certitude quels animaux sont responsables des cas de déprédation sur les élevages de mouton par exemple, le contrôle sélectif des individus dominants (Conner, Ebinger et Knowlton, 2008) semble être une méthode efficace pour remédier au problème. Néanmoins, il faut beaucoup d'expérience et d'effort pour capturer les animaux dominants qui causent ces dommages. Un piégeur sérieux et d'expérience pourrait ainsi aider grandement à résoudre le problème rapidement et efficacement avec des méthodes de piégeage adaptatives et spécialisées.

Gestion de la ferme 

Plusieurs méthodes sont applicables, mais elles peuvent entraîner des coûts supérieurs aux pertes encourues. En règle générale, elles visent à accorder plus de protection aux individus vulnérables.

Entrer les animaux de ferme dans l'étable pour la nuit (c'est un des moyens les plus efficaces). Garder les animaux en enclos, éclairé de préférence, durant la nuit. Assurer la mise bas en enclos. Garder les jeunes en enclos.

Changer les périodes d'accouplement ou d'insémination pour avoir une mise bas à une période où la déprédation est moins forte (de septembre à la fin du printemps).

Réduire la période de mise bas en synchronisant la reproduction du troupeau, diminuant ainsi le temps d'exposition total des animaux.

Protéger le troupeau avec des chiens (Montagne des Pyrennées, Border Collie, Akbash, Chien de berger d'Anatolie, Komondor). Favoriser l'achat d'un couple de chiens. Certains éleveurs utilisent des ânes, lamas ou alpagas pour protéger les troupeaux, car ces animaux ont un comportement agressif inné envers les canidés. Des recherches et expérimentations supplémentaires sont cependant nécessaires.

Faire vacciner les animaux domestiques (chats, chiens, etc.) et les garder à l'intérieur lorsqu'on sait que des prédateurs rôdent dans le secteur. Ne pas utiliser, en période critique, les pâturages situés près de la forêt. Éliminer une partie du couvert végétal à proximité des enclos. Disposer des carcasses d'animaux morts de façon à ce que le coyote ou le loup ne puissent y avoir accès. Cette simple mesure est très importante et donne de bons résultats.

Exclusion

L’installation de clôtures fait partie des mesures préventives que peuvent appliquer les éleveurs désireux de protéger leurs animaux contre les prédateurs. La clôture électrique peut être l’élément central de tout programme de lutte contre les prédateurs. Les clôtures et filets électriques semblent très efficaces pour protéger le bétail. Les coûts peuvent varier selon les équipements utilisés et la superficie à clôturer. Elle doit être bien construite et l'électrification doit être puissante. Il faut s'assurer en tout temps du contrôle des herbes qui peuvent diminuer son efficacité lors de la période critique entre les mois de juillet et de septembre. C'est sans contredit la méthode la plus efficace, mais aussi la plus coûteuse.

Répulsifs sonores et visuels 

Un système d'éloignement sonore (sons électroniques et gyrophare) semble avoir donné de bons résultats (VerCauteren et al., 2003). La radio, les canons au propane et la présence humaine peuvent être d'autres moyens pour éloigner ce prédateur. Par contre, le degré d'efficacité de ces méthodes est incertain car peu de recherches ont été effectuées à ce sujet.

Répulsifs gustatifs et odorants

Aucun répulsif ne s'est avéré suffisamment efficace pour être homologué.

Méthodes de contrôle

Prélèvement au moyen d'un piège

Voici les méthodes de contrôle les plus utilisées et les plus efficaces.

Pour ce qui est des pièges à capture vivante, les pièges qui peuvent être utilisés sont le Oneida Victor #3 Soft Catch muni de 2 ressorts à boudin, le Bélisle sélectif, le lacet Bélisle #6 et le Bridger #3 modifié. Les pièges doivent être certifiés conformes aux normes internationales.

Pour les pièges mortels, le collet (câble 5/64 ou 3/32) est un très bon outil pour capturer efficacement ce canidé. L'utilisation d'une virole et de barrures efficaces (Cam Lock, Slim Lock, Amberg Lock avec ressort de compression) assureront une mise à mort rapide. L'installation d'un dispositif de libération (Breakaway Device, S-Hook Bad 300) sur le collet est une alternative pour éviter de capturer par les pattes les cerfs de Virginie et les orignaux.

Pour une description des techniques de piégeage, se référer au manuel intitulé « Piégeage et gestion des animaux à fourrure » distribué par la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec. Il est préférable de faire appel aux services d’un trappeur professionnel.

Prélèvement au moyen d'armes à feu

C’est une méthode généralement peu efficace qui demande beaucoup de temps et d'efforts.

L'utilisation de calibre « varmint » est à privilégier (223, 22-250, 243) pour un tir de précision. L'appel imitant un coyote ou des proies potentielles (lièvre) peut inciter le coyote à s'approcher davantage du chasseur. La chasse des prédateurs est permise à certaines conditions. Privilégier la chasse à l'affût tôt le matin ou avant la tombée de la nuit.

Collier de protection pour le bétail

Livestock Protection Collars

Pour en savoir plus


Banfield, A.W.F. 1977. Les mammifères du Canada. 2e édition. Les Presses de l’Université Laval et University of Toronto Press. Ste-Foy. 406 p.

Larivière, S. et M. Crête. 1992. Causes et conséquences de la colonisation du Québec par le coyote (Canis latrans). MLCP. SP-1935-07-92.

Ministère de l’Environnement et de la Faune, 1998. 4e édition. Piégeage et gestion des animaux à fourrure : cours menant au certificat du piégeur dans le cadre du Programme d'éducation en sécurité et en conservation de la faune.

Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec. 1992. Perfectionnement des trappeurs. Piégeage et gestion des canidés - Techniques - Cahier n° 4

Prescott, J. et P. Richard. 1996. Mammifères du Québec et de l’est du Canada. Éditions Michel Quintin. Waterloo. 399 p. 

FPAMQ, Guide de procédures face à la déprédation causée par les coyotes, Juin 2002, 35 p.

Dernière modification : 2011-01-07





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